Il y a des objets qui traversent les générations sans jamais vraiment quitter nos souvenirs. La chaise haute en bois Combelle fait clairement partie de ceux-là.
Si vous avez grandi dans les années 80, 90 ou 2000, il y a de fortes chances que vous vous soyez un jour retrouvé installé dans l’une de ces fameuses chaises hautes en bois, avec leurs barreaux, leur tablette, et parfois même leur petit boulier. Un meuble du quotidien, solide, rassurant, presque banal à l’époque… mais qui réveille aujourd’hui un vrai parfum d’enfance.
Et si cette chaise refait parler d’elle, ce n’est malheureusement pas pour une bonne nouvelle : l’entreprise Combelle, célèbre fabricant français de mobilier pour bébé en bois, vient d’être placée en liquidation judiciaire.
Une annonce qui met fin à une belle histoire industrielle
Installée à Marmanhac, dans le Cantal, l’entreprise Combelle faisait partie du paysage depuis près d’un siècle. Fondée en 1926, elle s’était spécialisée dans le mobilier de puériculture en bois massif, avec un savoir-faire reconnu et une fabrication française qui parlait à beaucoup de familles.
Sa chaise haute emblématique, souvent appelée chaise haute Marcel, a accompagné des générations de bébés à l’heure des purées, des compotes, des biscuits écrasés sur la tablette et des repas de famille qui s’éternisaient.
Mais en mars 2026, le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire de l’entreprise, faute de repreneur. Une décision qui marque la fin de la production sur le site cantalien et qui laisse derrière elle un vrai pincement au cœur pour tous ceux qui ont connu cette marque sans forcément y prêter attention à l’époque.
Une marque connue, parfois sans que l’on sache mettre son nom dessus
C’est d’ailleurs ce qui rend cette actualité particulièrement touchante : beaucoup de parents d’aujourd’hui ont grandi avec une chaise Combelle… sans forcément savoir que c’en était une.
On se souvient surtout de la forme :
- du bois clair ou plus foncé selon les modèles ;
- des barreaux bien reconnaissables ;
- d’une structure robuste qui semblait indestructible ;
- et de ce sentiment très net qu’une fois installé dedans, il allait falloir attendre qu’un adulte décide de vous libérer.
Dans bien des familles, cette chaise n’a pas servi à un seul enfant. Elle a servi au grand frère, à la petite sœur, puis aux cousins, et parfois même aux enfants de la génération suivante. C’est aussi ce qui explique la place particulière qu’elle garde aujourd’hui dans la mémoire collective.
Combelle, un savoir-faire français autour du bois
Si la chaise haute Combelle a marqué autant de familles, ce n’est pas seulement pour son look. C’était aussi un objet conçu pour durer.
La marque mettait en avant un travail du hêtre, une fabrication française et un vrai héritage artisanal autour du mobilier pour enfants. Dans un univers de la puériculture de plus en plus dominé par les matériaux composites, le plastique ou les productions standardisées, Combelle représentait une certaine idée du meuble familial : solide, simple, durable, transmissible.
Cette dimension explique sans doute pourquoi la disparition de l’entreprise ne touche pas seulement les amateurs de made in France, mais aussi des parents devenus adultes qui ont l’impression de voir partir un petit morceau de leur propre enfance.
La marque appartient aujourd’hui au groupe lié à Orchestra
Autre point important à rappeler : si le site de production ferme, la marque Combelle, elle, ne disparaît pas complètement. Elle appartient au groupe NewOrh, maison mère d’Orchestra, qui s’était engagé dans la reprise de la marque ces dernières années.
Autrement dit, ce qui s’arrête aujourd’hui, c’est avant tout une production historique sur son site français, avec tout ce qu’elle représente en matière de savoir-faire local et d’ancrage industriel.
Cela rend l’actualité encore plus symbolique : la marque peut continuer à exister, mais l’histoire industrielle qui l’a rendue célèbre, elle, s’interrompt bel et bien.
Pourquoi ce type de chaise séduit moins aujourd’hui
Ce serait tentant de résumer cette disparition à une opposition entre le solide d’avant et le jetable d’aujourd’hui. Mais la réalité est un peu plus nuancée.
Oui, la concurrence des produits importés et des meubles moins chers a forcément joué. Oui aussi, les habitudes de consommation ont changé. Mais il faut reconnaître que les attentes des parents ne sont plus tout à fait les mêmes qu’il y a trente ou quarante ans.
Les chaises hautes modernes misent souvent sur d’autres avantages :
- des modèles plus compacts pour les petits logements ;
- des matériaux plus simples à nettoyer au quotidien ;
- des systèmes évolutifs qui accompagnent l’enfant plus longtemps ;
- et parfois des configurations transformables, permettant de passer d’une chaise haute bébé à une assise adaptée à la table, puis à une chaise enfant.
En clair, on ne cherche plus seulement une chaise haute solide. On cherche aussi un équipement pratique, modulable, facile à vivre, et capable de suivre l’évolution de l’enfant pendant plusieurs années.
Plus pratiques, mais pas toujours aussi chargées d’histoire
C’est là que la nostalgie reprend sa place.
Car si les chaises actuelles peuvent être plus ergonomiques, plus modernes et parfois plus intelligentes dans leur conception, elles n’ont pas toujours cette dimension presque affective qu’avaient certains meubles de notre enfance.
La vieille chaise haute en bois, elle, racontait quelque chose. Elle portait les traces du temps, des repas en famille, des petites maladresses, des générations qui se succèdent. Ce n’était pas juste un accessoire de puériculture : c’était un objet familial.
Et c’est sûrement pour cela que la fin de Combelle parle autant à une génération entière. Pas seulement parce qu’une entreprise ferme, mais parce qu’elle emporte avec elle un souvenir très concret de la petite enfance.
Une chaise, mille souvenirs
Il suffit d’en parler autour de soi pour voir remonter les images :
- les repas chez les grands-parents ;
- les purées qu’on refusait avec conviction ;
- les jouets posés sur la tablette pour patienter ;
- les photos un peu jaunies où l’on apparaît sagement sanglé dans une chaise en bois ;
- et cette impression que tous les enfants de l’époque sont passés, un jour ou l’autre, par le même mobilier.
Bien sûr, tout le monde n’a pas grandi dans une chaise Combelle. Mais pour beaucoup, elle reste l’image même de la chaise haute de notre enfance.
La fin d’un symbole plus que d’un simple produit
Au fond, cette actualité dépasse le simple cadre économique. Elle raconte aussi la disparition progressive de certains repères familiers, de certains objets fabriqués pour durer, de certaines marques françaises que l’on croyait presque immortelles tant elles semblaient installées dans le décor.
La chaise haute Combelle n’était pas juste un meuble pour bébé. C’était un morceau de quotidien, un objet discret mais profondément ancré dans la mémoire de nombreuses familles.
Et c’est peut-être pour cela que sa disparition fait autant réagir : parce qu’en apprenant la liquidation de Combelle, beaucoup n’ont pas seulement pensé à une entreprise. Ils ont pensé à leur enfance.
Et vous, vous vous souvenez de cette chaise haute ?
Chez les parents, les grands-parents et même les jeunes adultes, cette chaise en bois réveille souvent un souvenir précis.
Vous en aviez une chez vous ? Chez vos grands-parents ? Vous avez peut-être même encore la vôtre dans un grenier ou une cave ?
Il y a des objets qui valent plus qu’un simple usage. Parce qu’ils racontent une époque, une famille, et parfois tout un pan de notre enfance.