Un gars une fille de retour

Le retour de Un gars, une fille nous rappelle une époque où l’on riait autrement

Il suffit de tomber sur un épisode un dimanche après-midi pour que le temps s’arrête quelques minutes. « Chouchou ! » « Quoiiii ? » Et nous voilà repartis vingt-cinq ans en arrière.

Je dois l’avouer, j’adorais Un gars, une fille. Et aujourd’hui encore, quand je tombe sur une rediffusion, je me laisse facilement embarquer pour deux ou trois épisodes… qui deviennent souvent une dizaine.

Pourtant, en les regardant aujourd’hui, une chose saute aux yeux : on riait vraiment autrement. Et c’est sans doute ce qui rend l’annonce du retour de la série aussi intéressante.

Une série qui parlait de nous… ou presque

Lorsque Un gars, une fille débarque à la fin des années 90, le concept est d’une simplicité désarmante : montrer la vie d’un couple au quotidien. Les courses, les vacances, les amis, les repas de famille, la belle-mère, la voiture, la télécommande, les petites disputes qui prennent des proportions absurdes…

Il ne se passait jamais grand-chose, et c’était justement ça qui était drôle. Jean Dujardin et Alexandra Lamy formaient un duo incroyable. En quelques minutes seulement, ils arrivaient à raconter des situations dans lesquelles presque tout le monde se reconnaissait.

Enfin… presque. Parce qu’en réalité, ce n’était pas un documentaire sur la vie de couple. C’était une immense caricature.

Une caricature d’une époque qui a déjà disparu

C’est peut-être ce qui me fait sourire aujourd’hui. Contrairement à beaucoup de personnes, je n’ai même pas réellement connu cette époque-là en tant qu’adulte. J’étais adolescent lors des premières diffusions et, lorsque j’ai commencé mes premières vraies relations de couple, les mentalités avaient déjà commencé à évoluer.

Malgré tout, ces épisodes fonctionnent encore. Parce qu’on ne les regarde pas comme un modèle, mais comme une photographie humoristique d’une époque.

Les hommes y étaient souvent présentés comme immatures, incapables de ranger quoi que ce soit ou obsédés par le football. Les femmes étaient montrées comme dépensières, jalouses ou toujours en train de vouloir tout contrôler. Aujourd’hui, ces clichés feraient immédiatement réagir sur les réseaux sociaux. Et c’est normal.

La société évolue. Notre façon de voir le couple aussi. D’ailleurs, Jean Dujardin lui-même expliquait récemment que la série ne pourrait plus être écrite de cette manière aujourd’hui. Non pas parce qu’elle serait interdite, mais parce que les rapports entre les hommes et les femmes ont changé. Les auteurs écriraient tout simplement autre chose.

Et je crois qu’il a raison.

Le choix de Gillian me paraît presque évident

C’est justement pour cette raison que je trouve le choix de Gillian Mussano, plus connu sous le nom de Mon Pote Gillian, particulièrement pertinent.

J’aime beaucoup ce qu’il fait. Ses vidéos me font souvent rire parce qu’elles reposent exactement sur le même principe que Un gars, une fille : observer les petites absurdités de la vie de couple. Simplement, les références ont changé.

 

Aujourd’hui, on parle de téléphones portables, de réseaux sociaux, de messages laissés en « vu », de livraisons à domicile, de charge mentale, d’enfants ou encore de ces petits conflits qui naissent parfois… d’un simple emoji.

Au fond, j’ai presque envie de dire que Gillian est le digne héritier de Loulou. Pas parce qu’il cherche à imiter Jean Dujardin. Au contraire. Parce qu’il fait exactement ce que faisait Un gars, une fille il y a vingt-cinq ans : raconter son époque avec humour.

Le vrai défi sera de ne pas refaire la même série

C’est sans doute là que se trouve le piège. Beaucoup espèrent retrouver Un gars, une fille comme en 2000. Personnellement, ce n’est pas ce que j’attends.

J’ai envie de retrouver l’esprit de la série, pas de revoir les mêmes blagues avec un autre acteur. J’espère voir une parodie de la vie de couple, mais version 2026. Avec ses nouveaux codes, ses nouvelles habitudes et ses nouveaux clichés.

Bref, une série capable de nous faire rire de nous-mêmes, comme l’originale l’avait fait avec la génération précédente.

La nostalgie a parfois du bon

Il est facile de dire que « c’était mieux avant ». Personnellement, je ne le pense pas. Je pense surtout que Un gars, une fille est devenu un petit morceau de patrimoine télévisuel français.

Une série qui nous rappelle une époque où l’humour reposait sur d’autres codes, d’autres clichés et une autre vision du couple. Le monde a changé. Nous aussi.

Les premiers épisodes du reboot sont attendus prochainement sur RMC Story. Reste maintenant à voir si cette nouvelle version saura séduire les nostalgiques, tout en trouvant son propre public.

Et si ce reboot réussit à raconter avec autant de justesse les petits travers des couples d’aujourd’hui, alors il ne cherchera pas à remplacer Chouchou et Loulou. Il écrira simplement une nouvelle page de leur histoire.

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