Pourquoi les enfants préfèrent un parent même à l'âge adulte

Pourquoi un enfant préfère parfois un parent (et pourquoi cela ne s’arrête pas toujours à l’enfance)

Il y a quelque temps, j’avais déjà parlé du sujet du petit enfant qui ne veut que maman. Celui qui hurle si papa approche du lit, qui refuse qu’un autre parent donne le biberon ou qui semble avoir élu “parent officiel” de manière totalement arbitraire.

Mais en regardant les recherches des internautes, je me suis rendu compte d’une chose : le sujet ne s’arrête pas du tout à la petite enfance.

On trouve des recherches comme :

  • “Enfant préfère un parent”
  • “Parent préféré”
  • “Mon fils préfère sa belle-famille”
  • “Ma fille préfère son autre grand-mère”
  • “Ma mère fait des préférences”

Et là, on comprend que le sujet est beaucoup plus profond.

Parce qu’en réalité, les préférences affectives dans une famille existent parfois encore à l’adolescence… et même à l’âge adulte.

Et surtout, elles peuvent faire énormément souffrir.

Pourquoi les jeunes enfants préfèrent parfois un parent

Chez les jeunes enfants, le phénomène est extrêmement courant. Les spécialistes expliquent que l’enfant se tourne souvent vers le parent qu’il perçoit comme le plus rassurant émotionnellement ou le plus disponible dans une période donnée.

Ce n’est pas forcément une question “d’amour”.

C’est souvent une question de sécurité émotionnelle.

Le parent préféré peut être :

  • celui qui couche l’enfant tous les soirs,
  • celui qui console davantage,
  • celui qui comprend mieux certaines émotions,
  • ou simplement celui qui est le plus présent dans une phase précise.

Et cette préférence évolue énormément.

Un enfant peut vouloir uniquement maman pendant six mois… puis devenir fusionnel avec papa après.

Le problème, c’est que lorsque l’on est le parent “délaissé”, il est très difficile de le vivre comme quelque chose de temporaire.

Parce que ce que l’on entend émotionnellement, ce n’est pas :

“J’ai besoin d’elle en ce moment.”

Mais plutôt :

“Je t’aime moins.”

Le sujet devient beaucoup plus complexe quand l’enfant grandit

C’est là que les choses deviennent intéressantes psychologiquement.

Quand un enfant devient adolescent ou adulte, les préférences affectives ne reposent plus uniquement sur le besoin de sécurité.

Elles peuvent être influencées par :

  • les valeurs familiales,
  • la personnalité,
  • le sentiment d’être compris,
  • les conflits passés,
  • les blessures émotionnelles,
  • ou encore le besoin de construire sa propre identité.

Et c’est souvent là que certains parents vivent très mal certaines situations :

  • un enfant devenu plus proche d’un parent que de l’autre,
  • un fils qui passe tout son temps chez sa belle-famille,
  • une fille qui semble préférer sa belle-mère à sa propre mère,
  • ou un enfant adulte qui prend ses distances avec sa famille d’origine.

Pourquoi certains enfants adultes deviennent plus proches de leur belle-famille

C’est probablement l’un des sujets les plus douloureux… et les moins abordés.

Quand un enfant se met en couple, il découvre souvent un nouvel univers familial.

Et parfois, ce nouvel univers lui correspond davantage.

Cela ne veut pas forcément dire que sa propre famille est toxique ou mauvaise.

Mais la belle-famille peut représenter :

  • une ambiance plus calme,
  • moins de tensions,
  • plus d’écoute,
  • plus de valorisation,
  • ou simplement une manière différente de communiquer.

Un enfant qui a grandi dans une famille très pudique émotionnellement peut être bouleversé en découvrant une belle-famille démonstrative.

À l’inverse, quelqu’un ayant grandi dans une famille conflictuelle peut trouver chez ses beaux-parents un sentiment d’apaisement qu’il n’avait jamais connu.

Psychologiquement, la belle-famille peut devenir une forme de “famille choisie”.

Et cela peut être extrêmement violent à vivre pour les parents biologiques.

Le rôle du sentiment d’appartenance

L’être humain cherche naturellement les endroits où il se sent accepté, compris et valorisé.

Dans certaines familles, l’enfant devenu adulte continue de se sentir jugé :

  • sur son travail,
  • son couple,
  • sa façon d’éduquer ses enfants,
  • ses choix de vie,
  • ou même sa personnalité.

À force, certains adultes finissent par se sentir plus eux-mêmes ailleurs.

Et parfois, cet “ailleurs”, c’est la belle-famille.

Beaucoup de psychologues expliquent que les tensions avec la belle-famille cristallisent souvent des enjeux de loyauté, de place et de reconnaissance dans la famille.

Ce qui fait mal, ce n’est pas uniquement que son enfant aime sa belle-famille.

C’est d’avoir l’impression qu’il s’y sent mieux qu’avec nous.

Parfois, les parents oublient que leurs enfants deviennent des adultes

C’est probablement l’un des grands chocs de la parentalité.

Pendant des années, nous sommes le centre du monde de notre enfant.

Puis un jour :

  • il construit sa propre vie,
  • son propre couple,
  • ses propres habitudes,
  • et parfois ses propres traditions familiales.

Psychologiquement, cette phase est normale.

Mais elle peut être vécue comme un abandon.

Certains spécialistes parlent même d’un vrai travail émotionnel à faire pour accepter que son enfant adulte ne nous appartienne plus émotionnellement comme avant. 

Le parent “préféré” n’est pas toujours celui qu’on croit

Autre point important : les préférences sont rarement figées.

Un enfant peut :

  • être plus proche émotionnellement de sa mère,
  • mais se sentir davantage compris par son père,
  • adorer sa grand-mère,
  • et trouver chez sa belle-famille une forme de sérénité.

Les relations humaines sont beaucoup plus complexes qu’un simple classement affectif.

Le problème, c’est que les parents vivent souvent ces situations comme une compétition.

Et la compétition parentale est extrêmement destructrice.

Les psychologues rappellent d’ailleurs qu’un enfant ne devrait jamais être placé dans une logique de rivalité affective entre adultes.

Ce qui fait le plus souffrir : le sentiment d’être remplacé

Quand un parent dit :

“Mon fils préfère sa belle-famille.”

Ce qu’il exprime souvent en réalité, c’est :

“Je ne comprends plus quelle est ma place dans sa vie.”

Et cette douleur est profondément humaine.

Parce qu’un parent construit une énorme partie de son identité autour de son enfant.

Alors quand la relation change, cela peut provoquer :

  • de la jalousie
  • de la tristesse
  • de la colère
  • de la culpabilité
  • ou même un sentiment d’échec parental

Le problème, c’est que plus on agit sous la peur de perdre sa place… plus on risque d’éloigner l’enfant.

Les erreurs qui aggravent souvent la situation

Faire culpabiliser l’enfant

“Tu préfères toujours eux.”

“Depuis que tu es avec elle, tu nous abandonnes.”

Ce type de phrase enferme souvent l’enfant adulte dans un conflit de loyauté.

Entrer en compétition avec la belle-famille

Comparer, critiquer, ironiser ou chercher à “récupérer” son enfant émotionnellement crée souvent l’effet inverse.

Refuser son évolution

Un enfant adulte qui construit sa propre famille ne rejette pas forcément ses parents.

Il devient simplement un adulte autonome.

Et parfois… les parents aussi ont leurs préférences

C’est probablement le plus grand tabou familial.

Parce qu’on aime croire qu’un parent aime tous ses enfants exactement de la même manière.

Mais dans la réalité, les relations sont souvent différentes.

Les spécialistes parlent davantage d’affinités que de véritable “classement affectif”.

On peut avoir :

  • plus de facilité à communiquer avec un enfant,
  • plus de points communs avec un autre,
  • ou une relation plus simple avec l’un qu’avec l’autre.

Le danger commence surtout lorsque ces différences deviennent visibles, répétées et blessantes.

Comment recréer du lien avec son enfant sans entrer dans la rivalité

La solution n’est généralement pas de lutter contre la belle-famille, contre l’autre parent ou contre les préférences affectives.

La solution est souvent de retravailler la relation elle-même.

Cela passe par :

  • des échanges sincères
  • moins de jugement
  • plus d’écoute
  • des moments de qualité
  • et parfois l’acceptation que les relations évoluent avec le temps

Un enfant adulte n’a plus besoin de ses parents comme lorsqu’il avait 5 ans.

Mais cela ne veut pas dire qu’il ne les aime plus.

Finalement, le problème n’est pas toujours la préférence… mais la peur de perdre sa place

Derrière la question :

Pourquoi mon enfant préfère un parent ?

… il y a souvent une autre peur.

Celle de ne plus compter autant.

Celle d’être remplacé.

Celle de voir son enfant construire une vie où l’on n’est plus au centre.

Et cette étape est probablement l’une des plus difficiles de la parentalité.

Parce qu’au fond, devenir parent, c’est aussi accepter progressivement que notre enfant nous aimera toujours… mais autrement.

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